Durant la longue fin de semaine de Pâques, je suis parti avec des amis et collègues dans les majestueuses montagnes Chic-Chocs pour une sortie en ski de haute route. Pour les « tripeux » d’aventure et de ski, c’est sans doute la destination la plus intéressante au Québec. Samedi matin, nous étions au Mur des Patrouilleurs au Mont-Albert pour une montée exigeante et une descente beaucoup trop courte. Une équipe de la boutique Le Yéti était aussi sur place pour proposer de tester les skis Black Diamond : il y avait donc beaucoup de monde sur place (environ 250 durant la journée!). La veille, la gang du Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie nous avait présenté le nouveau film The Fine Line pour sensibiliser les skieurs aux risques d’avalanches. Un film remarquable aux images sublimes que tout skieur devrait se commander. Le temps était beau et chaud. Le « gros sel » était magnifique. Mais le temps de monter la montagne, le soleil s’est caché et les pistes sont rapidement devenues glacées. Dimanche et lundi, une tempête de neige s’est répandue sur cette couche glacée et près de 20 centimètres l’ont recouverte d’une nouvelle neige. La bombe à retardement était en place.
Pour notre part, nous devions revenir lundi durant la journée. Nous sommes partis le matin dans la tempête de la Gaspésie, la neige est devenue fondante à Rimouski et a stoppée à Rivière-du-Loup. À Québec, il faisait un gros soleil et les skieurs ayant profité de la dernière fin de semaine de ski de printemps au Massif ont été bien servis!
Mais revenons aux Chic-Chocs. Plusieurs skieurs ont été attirés par cette nouvelle neige (et peut-être dernière de la saison!). Et c’est mardi que le drame est survenu.
Jean-Philippe Poirier, 26 ans et instructeur au parc régional Val-d’Irène dans la Matapédia s’aventure avec un groupe d’une dizaine d’adeptes de télémark, dont son père. Dans un coin reculé au sud du village de La Martre, le skieur qui avait suivi une formation en sécurité d’avalanche s’est élancé le premier. Rapidement, la neige s’est fracturée sous son poids et l’avalanche l’a rapidement emporté. Il aurait percuté un arbre avant de disparaître sous la neige. Le risque d’avalanche était à « Modéré » selon le bulletin du Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie, mais il ne s’appliquait pas à ce secteur qui est néanmoins dans la même région qui a reçu la tempête du début de la semaine. Il est tombé à cet endroit entre 35 à 70 cm de neige dans une pente de 45 à 50 degrés. Bref, la recette parfaite pour une avalanche de taille importante! Les secours sont « rapidement » arrivés en moins de trois heures considérant l’éloignement du groupe dans cette région hors-piste.
Ce qui frappe, c’est que cet accident aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous qui aurait décidé de rester une journée de plus pour profiter de la neige qui tombait à gros flocons. Invitant pour tout skieur. C’est d’ailleurs ce qui a causé la perte de Jean-Philippe Poirier. Les avalanches peuvent se déclencher n’importe où, même au Québec! Il faut donc demeurer sur nos gardes à tout moment, même si la ligne semble invitante, elle peut être fatale…
Ce qu’en dit le Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie sur son site Web :
Accident d’avalanche – Mont Médaille 14 Avril 2009
Une personne a déclenché accidentellement une avalanche de plaque taille 2 sur une pente partiellement boisée, orientée nord est, à environ 750 mètres d’altitude, dans le subalpin du Mont Médaille des monts Notre Dame en Haute-Gaspésie. À notre connaissance, ce serait la neige issue de la tempête de Pâques (12-13 Avril) qui se serait consolidée en plaque molle et aurait été déclenchée par la personne impliquée elle-même. Le plan de glissement serait la croûte de regel sous-jacente. Il faudra attendre le rapport d’incident pour avoir plus de détails.
Pour en savoir plus:
• Radio-Canada
• Le Soleil
• Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie


Sarah-Maude Poirier
la photo du signet est identifié a j-philippe Fortin ….deja que cette photo n’Est point votre propriété et n’a jamais été autorisée à être diffusée…je souhaite que vous remédiez à la situation en changeant l’identification ou fermer completement cette page…je vous prie de bien vouloir vous mettre à la place de la famille…
merci
sa soeur
et au fait! Pourquoi devoir le nommer ? Les gens qui ont subi sa perte n’ont pas eu besoin de lire votre article….de signifier qu’un skieur est décédé suite a une avalanche aurait suffit…..
Christian Lévesque
Bonjour Sarah-Maude,
J’ai enlevé la photo qui avait été prise sur un site Web d’un média qui avait aussi couvert cette histoire. Il s’agissait de faire un hommage à quelqu’un qui est mort en faisant ce que nous faisons tous : skier dans l’arrière-pays dans de la poudreuse. Je comprends que la situation peut être encore difficile pour vous, j’ai donc décidé de la retirer.
Pourquoi le nommer? Pour mettre un visage sur la nouvelle, pour montrer que cela n’arrive pas qu’à des gens « sans nom », pour qu’on sache que l’histoire est véridique, pour qu’on se souvienne de lui, pour qu’on en sache plus sur les circonstances de sa mort afin d’éviter que cela se reproduise. Sans mettre de nom, sans mettre de photo, on oublie trop vite que cela peut nous arriver à nous tous.
Et surtout, pour ne pas oublier qu’un accident est trop vite arrivé.
Cordialement,
Christian