Même pour ceux qui pratiquent l’escalade, la chose donne des frissons dans le dos. Grimper une paroi sans aucune protection (sans assureur, dégaines ou corde…) [communément appelé free-solo] est l’une des facettes les plus dangereuses de ce sport. Une chute dans ces conditions signifie la mort assurée. C’est probablement pour cela que tout le monde qui n’a jamais fait de l’escalade pense que c’est un sport extrême…
Alors que la plupart des grimpeurs s’encordent et placent la sécurité en haut de leur liste de priorités, certains repoussent les limites du poil à lever sur les bras. Pour réaliser ce qui n’a jamais encore été accompli, les ‘mutants’ modernes s’alignent vers un nouveau défi : grimper en free-solo le El Capitan, le mur mythique de 915 mètres de Yosemite Valley. Cette ‘Yosemite roulette‘ risque toutefois d’être mortelle : personne n’ose encore s’y frotter. Mais plusieurs grimpeurs s’en approchent.
Récemment, Ueli Steck a réussi à enchaîner les 41 longueurs de cordes de la voie Golden Gate (5.13b) avec la sécurité d’une corde (heureusement puisqu’il a glissé dans une partie facile de la voie…!). En septembre dernier, Alex Honnold [23 ans] n’a enfilé que ses souliers pour grimper les 610 mètres du Half Dome dans une voie qui comportait un crux délicat de 5.12. C’était quelques semaines seulement après que Dean Potter [37 ans] eu réussi une voie cotée 5.12+ et longue de 183 mètres sur l’Eiger avec comme seule protection un parachute (ce qu’il a nommé du freeBASE). Quelques voies de 5.14 ont déjà réussi sans corde, mais la combinaison de difficulté et longue route n’a pas encore été testée par personne… et cela se comprend. Peu de gens ont les couilles assez grosses pour oser l’aventure. Moi, je passerais mon tour et tenterais plutôt ma chance à American Idol… même si je chante plutôt faux.
Personne ne le fera s’il ne se sent pas assuré à 100% qu’il en reviendra vivant. Mais, comme Dean Potter le dit dans cette entrevue : « I obviously think about it, as does everybody else. And if I start obsessing on something, I’m kind of helpless but to go for it ». Donc, ce n’est plus ‘si’, mais plutôt qui et quand…!
Voici la vidéo de Dean Potter sur l’Eiger pour vous donner une idée de ce que représente le freeBASE :


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