01 septembre 2009 - Commentaires { 4 }
EDITORIAL :: Couler à Pic!

C’est la première fois que je mets l’intégral de mon éditorial sur ce blogue, mais le sujet en vaut la peine. Si vous avez deux minutes, prenez le temps de placer un commentaire pour me dire ce que vous en pensez.

Éditorial publié dans la revue Espaces du mois de septembre 2009.

Couler à pic !

Nos parcs nationaux constituent des lieux de tranquillité où l’on peut profiter agréablement de la nature. Situé en bordure de Montréal, un secteur du parc national des Îles-de-Boucherville échappe toutefois à cette mission.

Le Chenal Grande Rivière, un cours d’eau qui traverse complètement ces îles protégées est prisé par les kayakistes et les 350 000 personnes qui fréquentent annuellement ce parc de 8,14 km2. Mais le lieu attire aussi les plaisanciers et leurs immenses bateaux à moteur munis des caisses de sons puissantes et de glacières pleines de bières froides. Posant leur ancre au fond de l’eau, ils y passent la nuit ou se « mettent à l’épaule » ensemble pour la journée. Certains dimanches, les autorités du parc ont recensé jusqu’à 200 de ces bateaux! La situation est devenue intolérable.

serge_perreault_Bateaux_01

La direction du parc essaie bien de régler le problème, mais n’a pas juridiction sur ce qui se déroule sur l’eau : le parc est provincial, mais les cours d’eau sont de juridiction fédérale. Le directeur du parc, Serge Perreault, tente depuis quatre années d’interdire les plaisanciers dans ce secteur durant la saison forte (du 1er mai au 15 septembre) et de limiter la vitesse des embarcations à 10 km/h. En mars 2006, il a présenté ses demandes devant le Conseil consultatif régional sur la navigation de plaisance (qui relève de Transports Canada) qui a accepté de se pencher sur le dossier, mais rien n’avance dans ce dossier. Le parc a aussi entamé des démarches auprès du ministère des Affaires municipales pour modifier la Loi sur la marine marchande afin d’avoir les pleins pouvoirs sur ses eaux, mais les réponses sont longues à obtenir. En attendant, les chenaux ont encore été envahis cet été par les plaisanciers. Il est temps que cette situation cesse.

serge_perreault_BateauxQue les eaux soient de juridiction fédérale ou non, la présence de ces plaisanciers gâche l’expérience des amateurs de pllein air. Leur musique jouée à plein volume ressemble parfois à une véritable discothèque ambulante. De nuisible, la situation peut même devenir dangereuse : les employés du parc ont parfois de la difficulté à promulguer les consignes de sécurité aux visiteurs du parc.

Pire encore, le bac à câble (qui constitue le seul moyen de traverser le fleuve dans ce chenal et utilisé chaque jour de fin de semaine par 1800 cyclistes et marcheurs) a été endommagé par l’un de ces monstres à moteur. La mort de Jacques Godin, cet homme de 70 ans frappé à mort à bord de son petit voilier le 17 juillet dernier par un bateau à moteur dans un secteur peu éloigné du parc national des Îles-de-Boucherville donne froid dans le dos. « C’est très dangereux dans notre parc parce que les gens doivent louvoyer dans des kayaks et des canots qui sont encore plus difficiles à voir! », affirme Serge Perreault. En 1984, le gouvernement du Québec a éloigné ceux qui profitaient indûment de ces îles pour laisser la place à la préservation. Quand pourrons-nous profiter pleinement de ce joyau à proximité de la métropole québécoise?

– Christian Lévesque, rédacteur en chef


Alors et vous, qu’en pensez-vous? Laissez-nous votre commentaire.
© Photos : Serge Perreault

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(4) Commentaires

  1. Bonjour Monsieur Lévesque,

    Excellent éditorial. Je suis un grand amateur de plein air je vais au parc national des Îles-de-Boucherville très souvent avec ma petite famille. Cet été mes enfants ont fait du canot pour la première fois dans les eaux du Parc et je dois avouer que j’ai eu la frousse à quelques reprise.

    J’espère fortement que les personnes concerné aux gouvernement vont se dépêcher à faire bouger les choses. Car la nature a beau être fantastique, ces bateaux nuisent grandement à la beauté et à la plaisance de ces lieux.

    Encore une fois bravo pour votre éditorial et continuer votre bon travail. En espérant que votre article sera lu par un de ces fonctionnaires afin que les choses bougent !

  2. Bonjour Monsieur Lévesque,

    J’ai lu avec intérêt votre texte et je suis partiellement en désaccord avec vos dires. Étant moi-même un plaisancier, je doit vous dire qu’il ne faut pas généraliser et mettre tous les plaisanciers à moteur dans le même « bateau » si vous me permettez l’expression. Il y a effectivement quelques plaisanciers qui ne respectent pas la limite de vitesse imposée et qui font jouer leurs musique à très fort volume. Mais doit-on interdire les lieux à tous les plaisanciers à cause d’une minorité d’individus?

    Je crois que le problème est ailleurs; Il existe une règlementation, mais les autorités ne les font pas respecter. Exigez des corps policiers qu’ils postent une embarcation sur les lieux pendant quelques weekend et les récalcitrants renterons dans les rangs.

    Personnellement je me rend très souvent à cet endroit pour y passer la journée à l’ancre pour profiter du calme de l’endroit. Lorsque j’y circule, je me déplace le plus lentement possible et donne priorité aux kayaks et canots. De plus je ne fais pas jouer de musique car je recherche le calme. Pourquoi devrait-on m’interdire de m’y rendre quand je respecte la règlementation et ne cause préjudice à personne.

    Je trouve votre commentaire concernant l’accident de M. Godin déplacé et sans aucun rapport avec le sujet débattu ici. Cet accident s’est déroulé dans un chenal de navigation et non dans les Iles de Boucherville et relève des autorités de faire la lumière sur cet accident. Il ne faudrait pas utiliser cet accident pour faire valoir in point de vue.

    Guy Boudreault

  3. Un éditorial très à propos. Félicitations.
    Plusieurs plaisanciers font preuve de civisme. Malheureusement, ils sont marginaux. La majorité ne sait pas vivre, ne respecte rien et a un comportement souvent très dangereux. Il est plus que temps de mettre ces individus arriérés au pas.

  4. Je vais fréquemment sillonner, à bord de mon kayak, les chenaux du parc des Iles de Boucherville.

    La présence massive de plaisanciers motorisés me laisse perplexe. Certains se comportent de facon respectueuse. D’autres pas. Mais même en naviguant à basse vitesse, juste l’odeur d’essence et le bruit sont assez dérangeants pour gâcher ces moments privilégiés de contact avec la nature.

    Et c’est sans compter les imbéciles qui sont légion. Je pourrais vous relater plein d’histoire d’horreur, mais j’irai seulement avec la pire : L’été dernier, j’ai croisé un crétin motorisé qui, une bière à la main, urinait dans le chenal tout près de la rampe de mise à l’eau des kayak.

    J’aurais donc aimé avoir un harpon à ce moment là……

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