
La Sépaq sonde actuellement ses amateurs sur une éventuelle augmentation des tarifs d’accès quotidien de 3,50$ à 5$. Selon ce que rapporte le site Rue Frontenac, « les droits d’accès quotidiens à l’unité ont permis à la société de récolter quelques 3,5 millions de dollars. Une augmentation de tarif de 3,50 $ à 5 $ par jour, soit de 42 %, permettrait à la Sépaq d’engranger plusieurs centaines de milliers de dollars additionnels chaque année. »
Rassurez-vous, rien ne bougera cet été : l’organisme envisage plutôt un dégel de la tarification en 2011 à 5$ pour rejoindre, autour de 2014, les frais de Parcs Canada (gelé actuellement à 7,80$). Pour le moment, le coût d’accès aux parcs est enchâsséé dans la loi et tout changement doit être entériné par le Conseil des ministres, mais le débat est bien lancé. Ce qu’il faut toutefois se demander, c’est pourquoi la Sépaq a besoin de cet argent pigé dans nos poches. Êtes-vous pour ou contre une telle augmentation? (voir la suite du texte pour mon explication et laisser votre commentaire).
Malgré l’augmentation de 2% de ses revenus en 2009 [110 963$] (grâce à son marketing plutôt efficace et son offre qui se diversifie constamment – pensez aux yourtes, tentes Huttopia et igloos), la Sépaq a vu les subventions du gouvernement baisser de près de 500 000$ l’an dernier (source). Pour éviter la situation dramatiques des parcs américains (voir Les 279 ‘state parks’ de la Californie menacés de fermeture et ce que font les citoyens californiens pour éviter leur fermeture) il faut que la Sépaq change sa structure de coûts pour continuer de répondre à sa mission : assurer l’accessibilité, mettre en valeur et protéger ses territoires et équipements au bénéfice de sa clientèle, des régions du Québec et des générations futures. Avec 237 050 visiteurs en 2008-2009, une augmentation à 5$ aurait rapporté à laSépaq environ 592 625$.
Je suis tout à fait POUR cette augmentation de tarifs. Oui il en coûtera plus cher pour les visiter, mais j’aime mieux payer plus cher que de perdre ces parcs qui constituent une véritable porte d’entrée pour ceux qui découvrent les joies de la nature et du plein air.
Aux États-Unis, les réservations en ligne pour louer les terrains de camping au mois de juin 2009 des parcs de la Californie étaient en hausse de 23%. Pourtant, le gouvernement de cet État a envisagé à l’époque de mettre en place une passe annuelle obligatoire de 10$ afin de recueillir les 300 millions de dollars nécessaires pour éviter la fermeture de plusieurs dizaines d’entre eux. En Illinois, le gouverneur Pat Quinn a rouvert sept state parks que son prédécesseur avait décidé de fermer en 2008. Dans l’État de Washington, une nouvelle taxe de 5$ par véhicule a été adoptée pour récolter près de 28 millions de dollars annuellement pour ses 47 state parks.
La situation canadienne est différente : en mai 2009, le ministre responsable de Parcs Canada a annoncé un gel de la tarification pour une période de deux ans dans les parcs nationaux et les lieux historiques administrés par Parcs Canada. L’objectif : « aider les familles à profiter de ces attractions et donner un coup de pouce à l’industrie canadienne du tourisme ». L’industrie du tourisme s’est réjouie de l’annonce. Moi aussi : juste de repenser aux paysages de Forillon ou de l’Archipel-de-Mingan me donne le goût de remanier mes plans d’été pour y retourner. En Ontario, le tarif régulier des 329 parcs nationaux de 2$ / jour semble aussi vouloir se maintenir.
Est-ce ces quelques dollars de plus changeront vos plans? Probablement pas. Certains trouveront encore dommage d’être obligé de payer pour accéder à cette nature. Pourtant, elle est très accessible : à 5$, ou même à 10$, c’est encore moins cher qu’un billet de cinéma! Je suis bien d’accord avec ceux qui rechignent lorsque ces coûts sont ajoutés à une nuit de camping : les tarifs d’accès devraient être incorporés au montant total pour éviter les mauvaises surprises. Mais imaginez un même territoire exploité par une compagnie. Pourriez-vous yprofiterz aussi agréablement de ces moments de calme? Pensez deux minutes à la station de ski du Mont-Tremblantt, pourtant situé sur un territoire protégé…!
Dans un pays avec une forte tradition de bûcheron, où les histoires à la Jos Montferrand sont légions et les extrémités si loin l’une de l’autre, la nature est proche et facile à atteindre. La barrière tarifaire ne devrait pas freiner nos ardeurs à en profiter. Vaut mieux continuer à payer quelques billets pour pouvoir profiter de notre nature et conserver nos précieux parcs. Et il reste encore bien des endroits où l’on peut s’amuser sans débourser un sou et de nombreuses activités peu chérantes. Qu’en pensez-vous? Êtes-vous prêts à payer un peu plus pour accéder au réseau de la Sépaq?


Ian Bergeron
Et moi je suis tout à fait CONTRE cette tarification. Essentiellement les sommes recueillies ne vont pas à la préservation des parcs, ou encore à l’agrandissement du territoire à préserver, mais bien à l’achat d’équipement superflu. Pensons aux divers chalets d’accueil très luxueux qui coutent des sommes astronomiques (en moyenne 1 million pour un chalet d’accueil) ou encore aux divers auberges de luxes dans comme celle des montagnes Chic-Chocs. Bref, on charge des frais d’entrés de plus en plus élevés pour financer ces constructions qui, souvent, ne peuvent servir qu’aux plus nantis de notre société, ou pire, aux riches touristes de l’extérieur. Les frais d’accès servent également à financer les divers véhicules de la $EPAQ comme des très écologiques F150, 250 et 350 qui pullulent dans les divers parcs du Québec. Je ne crois pas que de si gros, énergivores et si peu écologique, véhicules soient nécessaires.
Je pense qu’avant d’augmenter les frais d’accès, la $EPAQ devrait faire un sérieux examen de conscience et revoir certaines pratiques douteuses. Charger plus, pour avoir de plus grosses et belles installations, pour attirer plus de monde, c’est un peu comme le syndrome des saucisses High-Grade. Bref, si l’on veut me charger plus cher pour préserver la nature, fine, je n’ai aucun problème avec ca. Mais il faut que ces sommes servent à la préservation et non au superflu que l’on voit trop souvent dans les divers parcs du Québec.
Arnaud
Pas sur non plus que les sommes receuillies servent vraiment la clientèle des parcs. Payer 5$ ne me gène pas en autant que ca améliore le potentiel récréotouristique des parcs je pense entre autre au développement du vélo montagne qui est complètement mis de coté. Payer 5$ ne me gène pas en autant que je n’y vois plus d’abérration de garde parc en motoneige détruisant tous sur le passage pour récolter un pauvre 3$ non payé au l’autoperception faute d’information et faute de personnel non présent a l’année !
Nathalie Rivard
Ils n’ont qu’à accepter les chiens en laisse dans les parcs de la SÉPAQ et ils vont augmenter leur clientèle d’un seul coup, ainsi que leurs revenus. Nous sommes plusieurs amateurs de plein air, propriétaires de chiens, respectueux de l’environnement, qui ne vont pas à la SÉPAQ régulièrement à cause de leur politique de ne pas accepter les animaux.
Mélissa Bergeron
Je suis vraiment d’accord avec ce point.
Je serai prochainement propriétaire d’un chien et je vais devoir m’abstenir d’aller dans les parcs de la SÉPAQ ; j’achète une passe saisonnière à chaque année pour accéder au réseau de leurs parcs.
Devinez quoi? Adieu, maintenant. Je vais prioriser les endroits pour emmener mon chien pour les quinze prochaines années, au moins…
Combien de client, et par conséquent de revenu, perdent-ils en tentant d’ignorer la demande des citoyens du Québec que d’accepter les chiens dans leurs parcs? Nos voisins le font tous (États-Unis & Ontario). Ils seraient plus gagnants de trouver une solution à ce problème que de hausser leur tarif quotidien. Ils auraient plus à gagner en sous $$$, car selon les statistiques une famille sur quatre possède un chien au Québec…
Selon Anima-Québec (données de 2006)…
« Aujourd’hui, avec un taux de pénétration de 21 % des foyers, on estime que la population approximative de chiens se situerait à 840 000 pour l’ensemble du
Québec. »
Ce serait plus payant de faire un effort de ce côté pour la SÉPAQ. En haussant le tarif, ils ne font que restreindre encore plus le nombre d’accès à leurs parcs.
Le seul point positif que je vois à ne plus pouvoir accéder aux parcs avec mon chien, c’est que je vais probablement découvrir de plus beaux endroits… avec mon chien.
Christian Lévesque
@IanBergeron : Je suis bien d’accord pour dire que la Sépaq devrait s’équiper de véhicules moins polluants. Les hybrides sont rendus partout et ça donnerait une aura plus écologique à leur présence sur le terrain.
@Arnaud : Oui, le vélo de montagne pourrait être plus développé, comme le ‘backcountry’ et des gardes-parc à pied.
@NathalieRivard : Les chiens et la Sépaq, c’est un débat qui revient souvent. Est-ce que la Sépaq pourrait donner accès à certains endroits pour les chiens en laisse tout en respectant sa mission de protection du territoire? Un bon dossier à creuser.
Marc-André Church
La présence des chiens n’est pas une question de conservation, mais plutôt une question de tranquilité.
Je vous dirais qu’il est totalement ahurissant de constater sur ma rue, que l’on retrouve un chien dans plus d’un appartement sur deux !!!
La promiscuité de la ville ne permet tout simplement pas une telle cohabitation.
Dieu merci, il existe encore des havres de paix comme les lieux administrés par la SEPAQ.
Severine Galus
Je suis bien d’accord avec Ian Bergeron. J’ai récemment répondu à un sondage de la SEPAQ envoyé par courriel aux clients ayant campé au Parc du Mont Tremblant l’été dernier. L’une des questions m’a fait bondir ! « Certains parcs songent à offrir le service Wi-fi à leurs clients. Seriez-vous intéressé par ce service ? »
Pourquoi pas la télé aussi pendant qu’on y est ! Le but d’aller dans la nature n’est-il pas de pouvoir se ressourcer en faisant un break avec toutes les nouvelles technologies qui ont envahies notre quotidien ?
Christian Lévesque
La plupart des offres de la Sépaq sont orientés vers les ‘belles expériences’. On est loin du ‘backcountry hardcore’ dans la majorité des parcs. Je pense que l’offre du Wi-Fi comblera assurément les besoins de ceux qui veulent être en nature, mais qui ne peuvent décrocher d’Internet. D’ailleurs, avec les services de TV qui seront bientôt tous sur le Web, on pourrait effectivement avoir tous ses ‘programmes’ sur son terrain de camping. Mais j’avoue que ça serait un peu surréaliste de se promener dans un camping de la Sépaq et de voir tout le monde écouter ‘Le Banquier’ autour… d’un feu de camp!
Ian Bergeron
Le Banquier autour d’un feu de camp!!!!! Quelle image répugnante!!! That’s it, je suis rendu vieux et réfractaire aux changements…
Hélène
Grand dilemme cette question! Entre le pour et le contre, je ne suis pas certaine.
Côté CONTRE : Je prends un exemple près de moi. Lorsque j’étais petite j’allais toutes les semaines dans le Parc du Bic : raquette, ski de fond, pique-nique, vélo, toutes les raisons étaient bonnes. Certaines personnes de familles ont déjà habité sur le territoire du Parc actuel. Quand la tarification est arrivée, nous avons changé nos habitudes : une visite par mois… des fois plus quand on a de la visite. Le fait de payer pour accéder à des paysages nous a ralenti. Dans notre région, nous pouvons pratiquer des activités de plein air sur des terres où personne ne nous demandera de payer…
Alors cette fois, augmenter la tarification ! Est-ce que ça modifiera encore nos habitudes ??
et le POUR : Pour avoir travailler dans le tourisme, il est évident que des Parcs et réserves ne peuvent avoir comme seul revenus, des entrées d’une valeur d’environ 4$. 5$ me semble raisonnable. Les territoires sont grand, l’entretien énorme, les subventions de plus en plus rare, le % de zones protégées bas. Il faut voir à long terme et s’en donner les moyens.
Cependant les recherches, la conservation, les activités lucratives… les parcs se voient confrontés à des conflits d’usage. On veut « démocratiser » le plein air, et le créneau le plus lucratif sont les cours séjours « clé en main ». C’est sûr que les puristes du plein air ne seront pas attirés par les façons de faire de la SÉPAQ.
À 5$, l’entrée est encore accessible… si éventuellement, le tarif augmente à près de 8$, les risques sont grands. La clientèle locale pourra s’éloigner des établissements de la SÉPAQ. Le seuil psychologique de ce que l’on est prêt à payer n’est pas à négliger.
à suivre…
Hélene de Longueuil
Vraiment dommage, j’ai une semaine de congé par mois et j’adore les parcs de la Sépaq ,vous me verriez à chaque mois si vous accepteriez les chiens. Vous pourriez mettre de réglements strictes(en laisse, sacs à crottes, ect.) et même donner des amandes payables sur places.
Robert Fluet
Façinant nos commentaires!
Moi je veux-ci, toi tu veux-ça. Et puis l’autre…
Nous considérons souvent nos propres besoins comme étant légitimes et devant être répondus. Nous perdons de vu ceux des autres ou encore les objectifs premiers qui sous-tendent certaines actions mise de l’avant.
Prenez les parcs nationaux. Ce n’est pas ce donc nous parlons ici. En bons Québécois que nous sommes, nous les connaissons ces parcs. Depuis que nous sommes ti-cul. Nous les connaissons surtout pour les grandes possibilités qu’ils nous offrent. Celles de réponde à un besoin. Ben oui un besoin, de s’en mettre plein la vue, de respirer l’air pur, de s’injecter une dose d’adrénaline, de se ressourcer, de faire le vide, de repousser ses limites, de fuire la cohue…
Bref une mutitudes presqu’infini de besoins pour autant de personnes. Toutefois, quand considérons nous la mission de nos parcs. Et même si nous la connaissons, jusqu’à quel point la comprenons nous?
Protéger et préserver une parcelle de territoire. Et pourtant pour y arriver, une cloture métallique de type Frost en périphérie viendrait à bout de cet objectif. Pas personne à l’intérieur, point final.
Mais l’accessibilité à ces territoires est un autre objectif. Trrrès contradictoire au premier celui-là. Un objectif qui nous permet de répondre à nos nombreux besoins. Mais à quel prix!
Plusieurs paramêtres ou indicateurs écologiques sont suivis dans nos parcs. Cela pour évaluer leur santé. Puisque de les rendres accessibles crées des impacts. Le simple fait que je me déplace dans un sentier faisant du bruit et répandant mon odeur crée un dérangement chez la faune.
AJOUTER UN CHIEN À CELA!
Oui mais j’ai le goût qu’il m’accompagne mon toutou! Il ferait pas de mal à une mouche!!!
Besoin légitime. Pourtant, en laisse ou pas, toutou cause une diminution de 35% de la richesse et de 41% de l’abondance des oiseaux par sa seule présence dans le sentier(Québec Oiseaux, printemps 2008). On ne parle ici que d’oiseaux. Et que de chiens comme élément perturbateurs. Le chien n’est pourtant qu’un SEUL besoin formulé par certains d’entre nous. Et les oiseaux qu’une seule famille du rêgne animal, représentant une diversité d’espèces vivantes à considérer dans les plans de conservation d’un territoire protégé.
Vous l’aurez deviné, je travail dans un parc national. J’ai du accepter de mettre la hache dans certains de mes besoins, dont celui de faire du vélo de montagne, ou du télémark et camping hors sentier dans ces territoires pour être cohérent avec mes valeurs de protéger la nature.
Et en passant, les parcs nationaux ne sont qu’un SEUL outils pour protéger notre environnement. Un seul outil, et loin d’être suffisant à lui seul.
Néanmoins, un outil très onhéreux à opérer afin de répondre adéquatement à sa mission. Ce qui ne l’oubliont pas, répond également à nos besoins d’évasion, et ce même si certains de nos besoins diffères.
C’est donc un oui pour l’augmentation de la tarification d’accès, puisque je suis convaincu des retombées positives.
PS. Si je veux un contact avec un environnement naturel non aménagé, je ne vais pas dans un parc.
Christian Lévesque
Merci Robert pour ce commentaire qui éclaire bien le dossier et met le doigt sur la contradiction d’avoir un accès privilégié à ce territoire protégé et les statistiques sur la diminution de la richesse de biodiversité qui découlent de la présence de chiens dans un sentier. Nos besoins individuels se heurtent souvent à choix de société.