Au début du mois de février dernier, j’ai eu la chance d’aller visiter l’Auberge de montagne des Chic-Chocs de la Sépaq. Alors que la neige est pratiquement absente partout au Québec, la Gaspésie est bien enneigée. L’Auberge est un lieu fort sympathique qui n’accueille que 36 personnes à la fois. Issue d’une idée un peu folle, ce grand confort est situé à 55km de la côte dans la réserve faunique de Matane et perché à 615 m d’altitude! On y accède donc qu’en chenillette. Autour, 60 km carrés de montagnes des Chic-Chocs entourent le site et partout, les pentes sont invitantes. Heureusement, vous êtes libres de suivre un guide ou de partir seul, selon votre humeur. Disons qu’à 697$ par personne pour trois nuits, c’est la moindre des choses! Que vous désiriez profiter du jacuzzi ou des pistes enneigées (oubliez le ski méta proposé et partez plutôt en ski de haute route), l’endroit est tout de même idéal pour décrocher de la routine et du cellulaire tout en profitant de la vie et de paysages magnifiques.
Durant notre séjour de trois jours, nous avons skié à tous les jours dans de la neige fraîche plutôt lourde, mais dans des ‘fresh tracks’ à rendre plusieurs jaloux. Ici, environ 7 mètres de neige couvrent habituellement ces montagnes (même si cette année fera baisser un peu la moyenne!). Et il ne faut surtout pas avoir peur de demander exactement ce que l’on souhaite, car le rythme des montées-descentes peut être insuffisant pour les plus dégourdis. Si le rythme est trop rapide pour votre cardio, les guides sauront aussi vous accommoder. Voici une vidéo réalisée rapidement pour vous donner une idée de ce qu’on peut y vivre.
Si l’ambiance y est magique, l’Auberge est aussi à la limite de la notion de préservation du territoire qui constitue l’une des missions premières de la Sépaq. Alors que certains parcs refusent carrément l’accès pour la pratique du ski hors-piste, certaines des destinations proposées à l’Auberge se trouvent à 5km du gîte et l’approche se fait… en chenillette! Ironique la façon dont cette mission de conservation peut parfois être étirée pour accommoder une certaine clientèle. Outre cette entorse, le séjour est réellement agréable. Les repas sont savoureux et le chef mange à vos côtés (parfait pour lui soutirer ses recettes!). Les chambres sont à mi-chemin entre le ‘rustique’ et le ‘moderne’. On y est à l’aise, mais tout porte à en sortir pour profiter de la nature environnante ou profiter de l’esprit convivial de l’Auberge. Une franche camaraderie se répand rapidement entre les guides, les clients et tout le personnel.
(Photo du haut de la page : © Sépaq / Steve Deschênes)


Robert Fluet
Salut Chritian
tu as décidément le compas dans l’oeil!
Tes images sont magnifiques.
Baignant dans le récréotouristique, j’ai entendu bien des commentaires sur l’auberge de montagne sans toutefois avoir expérimenté cette formule mise de l’avant par la SEPAQ. Nul doute que le produit ne soit accessible à tous et chacun. C’est une clientèle ayant des sous qui est ciblée, et c’est OK. De tout pour tous.
Un commentaire cependant, la SEPAQ gère des parcs de conservation (Parc Québec) ainsi que des sites et établissements récréotouristiques. L’auberge fait partie de cette dernière catégorie. Elle est située dans la RÉSERVE Matane, un territoire ou l’exploitation de la ressource naturelle (coupes forestières, chasses, pêches…)est permise.
Dans ce contexte, les aménagements et les services offerts, même pour le transport en chenillette
, cadre dans la mission de préservation et d’exploitation des réserves, mission qui est différente pour les parcs nationaux.
Je t’avoue toutefois que la notion de «marché du plein air» m’agace un peu. Vendre la nature pour en retirer des profits. Mais vois-tu, c’est ainsi pour tous les aspects de nos sociétés, faire une cenne là ou c’est possible. Je suis même d’accord, en autant que tout cela se fasse adéquatement, en considérant les différents besoins de tous. Et c’est ce qui est loin d’être évident.
On peut être en accord ou désaccord sur la façon dont les produit du plein air sont développer, cependant il faut être cohérent, si nous les utilisons c’est que nous adhérons aux façon de procéder. Acheter c’est voter comme dirait l’autre (Laure Varidel).
Salut et continue d’arpenter et diffuser nos territoires.
Robert
Christian Lévesque
Merci pour votre commentaire éclairé qui apporte beaucoup au débat. Je comprends le fait d’adresser la chose différemment selon la notion établie entre ‘parc’ et ‘réserve’, mais je trouve dommage que nos valeurs changent selon la position géographique où l’on se trouve….