
On le sait depuis des années, Hydro-Québec convoite nos rivières dans le but de produire de l’hydro-électricité dite « propre » pour vendre aux États-Unis. Le but avoué : faire le plus d’argent possible. Mais avec le gel de ses tarifs pour la prochaine année (n’oublions pas que ces tarifs ont augmenté de 17,3 % en sept ans!), on se demande bien pourquoi la société d’État ressent tant le besoin de gonfler ses coffres au détriment des amoureux des rivières.
Outre Roy Dupuis et les membres de la Fondation Rivières, les amateurs de kayak d’eau vive sont les plus menacés par l’utilisation de la puissance de nos rivières à des fins économiques. À Shannon, près de la ville de Québec, des kayakistes et canoteurs ont entrepris le 21 août dernier une excursion sur la rivière Jacques-Cartier pour s’opposer à la construction d’une centrale de 3.3 MW (voir le reportage de Radio-Canada). La ville de Shannon espère faire 700 000$ par année avec le projet et le maire n’aurait pas l’intention de renoncer à son projet. La rivière Jacques-Cartier est l’une des plus belles rivières de la province pour tous les sports qui s’y relient. Chaque année, c’est plus de 10 000 personnes qui fréquentent l’endroit.
« Sur la rive droite, il y a un projet d’évacuateur d’eau. On parle de dynamitage. On parle d’une conduite d’eau qui ne sera pas naturelle. Alors, quand on dit que rien ne paraîtra, c’est de la foutaise », disait à Radio-Canada Yoland Marcotte, membre du regroupement Sauvons la Jacques-Cartier. D’autres centrales (13) sont prévues par Hydro-Québec (voir la liste) et plusieurs sèment aussi la controverse.
Étrangement, cette même rivière était convoitée il y a 40 ans pour le même type de projet. Plusieurs réclament aujourd’hui l’arrêt complet du projet, mais d’autres kayakistes espèrent l’érection d’un ‘playspot’ qui pourrait devenir un lieu idéal pour se mesurer au courant. Entre les défenseurs du statu quo et ceux qui veulent profiter des dollars de l’hydroélectricité, qui réussira à imposer sa vision cette fois-ci?
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Le reportage de Radio-Canada
Crédit photo : Radio-Canada

